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L’histoire du tatouage japonais

Ses origines

Le tatouage japonais est aussi ancien que le pays lui-même. En effet, ce serait les Aïnous, premier peuple du Japon, qui serait à l’origine de cet art traditionnel. Selon de nombreuses recherches archéologiques, ils se dessinaient sur le corps pour se protéger des mauvais esprits, mais aussi pour se différencier socialement. Par exemple, les femmes avaient le bord de la bouche tatoué pour signifier qu’elles étaient déjà mariées. De même, les hommes cherchaient à se démarquer d’un clan ou d’un métier . A partir du XVIIe siècle, pendant l’ère Edo, le tatouage japonais a commencé à avoir des codes afin de différencier deux formes de dessins : celui réservé aux criminels et celui réalisé pour son côté noble. Ce dernier consistait en un art décoratif et en un symbole d’union. Avec le développement de ces deux formes, les techniques d’impression ont aussi évolué rapidement. Cependant, malgré cet essor, le dessin nippon restait controversé car la symbolique négative demeurait dans l’esprit collectif . Lorsque le Japon décida de s’ouvrir sur l’occident, il limita l’utilisation du tatouage japonais aux criminels et hors-la-loi. Cela n’empêcha pas les voyageurs occidentaux d’être pris de fascination pour cette pratique. Etant prohibé, il se pratiquait alors dans le plus grand secret jusqu’à sa légalisation en 1945. Malgré la fin du symbole punitif, certains criminels, comme les Yakuzas, ont continué de l’utiliser en tant que tel ce qui façonna son image négative

La technique actuelle du tatouage au Japon

Le tatouage japonais, contrairement à son homologue occidental, est entièrement fait à la main. On utilise toujours de fines aiguilles, de l’encre de charbon et des pigments de couleur. L’outil du tatoueur est une sorte de manche en pointe, en général en métal mais autrefois en bambou, au bout duquel sont insérées les aiguilles. Le nombre d’aiguilles utilisé dépend de la taille du tatouage. Quand aux couleurs, les pigments sont souvent importés. Le tatoueur doit connaître exactement le rendu de chaque pigment. Certaines oeuvres demandent plusieurs années de travail et représentent une fortune sur le plan financier. En outre, la méthode traditionnelle est réputée pour être très douloureuse. Tout ceci implique une forte détermination et une dépense en temps et en argent du «client» potentiel !

Cependant, de nos jours, seul un nombre réduit de tatoueurs pratiquent cet art appelé tebori (tatouage à la main) qui nécessite des techniques et connaissances spéciales

POUR LES JEUNES JAPONAIS, LE TATOUAGE EST « COOL »

Selon un sondage réalisé au Japon en juin 2014 par l’Association des avocats du Kantô, 87,7% des Japonais trouvent les tatouages effrayants et/ou désagréables et 47,5% les associent encore au monde des crimes et délits. Une évolution se ressent toutefois chez la jeune génération. Si un tiers des 20-29 ans éprouve du dégoût face à un tatouage et 13 % n’en ont jamais vu de leur vie, ils sont plus nombreux que leurs aînés à les trouver « cool » et les considèrent davantage comme une œuvre d’art.

Les mentalités évoluent et certains tatoueurs japonais vivent de leur art. C’est le cas de Gakkin, tatoueur de renommée internationale installé à Kyoto. Depuis 1998, il exerce son métier auprès d’une clientèle variée, des personnes qui viennent plusieurs fois, le plus souvent pour de grands motifs. Mais Gakkin le reconnaît : les clients ne sont pas nombreux et lui-même travaille principalement en Europe.

Selon lui, même si la réputation du tatouage est actuellement en pleine mutation, cet art a sa place dans la société nippone. « Le Japon est un pays où les mentalités évoluent en permanence, je ne pense pas que le tatouage va disparaître ». Car malgré les tensions actuelles, les priorités sont ailleurs. « Le gouvernement a d’autres chats à fouetter. S’occuper de l’économie par exemple, du bien-être social, de la baisse de la natalité et de la radioactivité »…. Report by Jean NGUYEN And tattoo artiste japan

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